En France, l’impôt n’épargne personne. En 2020, le sentiment d’être trop ponctionné traverse toutes les catégories de contribuables, qu’il s’agisse de l’impôt sur le revenu ou de la fiscalité immobilière. Pourtant, des solutions concrètes existent pour alléger la facture sans jamais franchir la ligne jaune. Diminuer le revenu imposable, investir dans la pierre ou soutenir l’économie réelle : tour d’horizon des dispositifs qui font la différence.
Avant de se lancer dans la déclaration, une stratégie mûrement réfléchie peut changer la donne. Plutôt que de tout percevoir en bloc, il est possible de mettre de côté une partie des gains grâce à des dispositifs adaptés, ce qui allège la pression fiscale. Pour organiser au mieux ses revenus, plusieurs voies méritent attention :
- L’EEP (plan d’épargne d’entreprise) : ici, l’épargne se construit en équipe, entre versements personnels et abondements versés par l’entreprise. Les sommes sont indisponibles pendant cinq ans, sauf exceptions majeures comme l’acquisition d’une résidence principale ou un mariage. À la sortie, ces fonds échappent à l’impôt sur le revenu.
- Le RIP (régime d’épargne-retraite) : ce produit s’adresse autant aux indépendants qu’aux salariés. Les versements peuvent prendre la forme d’une solution individuelle, collective ou d’entreprise. Ce que l’on place est soustrait au revenu imposable, et récupéré à la retraite en capital ou en rente.
Autre piste surprenante souvent utilisée par certains parents : contribuer au financement des études supérieures de son enfant en lui transférant l’usufruit temporaire d’un bien, acte notarié à la clé. Pendant la durée définie, les ressources transférées quittent la base imposable du parent, à condition que l’étudiant dispose de son propre foyer fiscal.
L’investissement immobilier : un levier pour alléger la note
Pour faire face à la tension sur le logement, l’État déploie toute une série de dispositifs qui incitent les particuliers à investir dans la location. Ceux qui s’engagent à mettre un bien en location bénéficient de régimes qui réduisent réellement l’impôt. Voici les principaux :
- La loi Pinel, qui vise les zones où la demande dépasse largement l’offre ou les quartiers en pleine transformation.
- La loi Denormandie, centrée sur l’acquisition de vieux logements à remettre à neuf.
- La loi Malraux, s’appliquant aux immeubles à rénover situés dans des zones protégées ou historiques.
- La loi Censi-Bouvard, qui concerne l’investissement en appartements meublés spécialement destinés à des publics comme les étudiants ou les seniors.
Le mécanisme est sans détour : en échange d’un engagement à louer le logement sur une durée minimale, l’investisseur voit son impôt réduit, au prorata du prix acquis. Ceux qui souhaitent plus de détails trouveront des explications claires dans les ressources publiques dédiées à la fiscalité du logement.
À garder à l’esprit : sur PAB-Heritage, le regard se porte avant tout sur les opportunités de rénovation. Cela permet d’acheter en dessous des prix du marché, de revaloriser le bien après travaux et de viser une rentabilité qui dépasse la moyenne. Pour ceux dont l’imposition grimpe rapidement, le dispositif Pinel conserve ses atouts, à condition de valider le projet en lien avec un professionnel aguerri.
Investir dans l’économie réelle : défiscaliser autrement
L’État met tout en œuvre pour inciter les épargnants à soutenir des entreprises françaises. Investir dans des fonds d’investissement de proximité (FIP) ou dans des fonds communs investis dans l’innovation (FPCI) ouvre droit à un crédit d’impôt de 18 % des sommes placées. Ce taux monte même à 38 % quand il s’agit de territoires insulaires ou ultra-marins. Soutenir le secteur du cinéma, via les SOFICA, permet une réduction d’impôt encore supérieure, jusqu’à 36 %. Mais prudence : ces produits comportent un risque de perte,le rendement n’est jamais garanti. C’est la règle du jeu pour financer l’économie réelle.
Alléger l’impôt sur la fortune immobilière (IFI) : stratégies possibles
Ceux dont la base taxable dépasse le seuil de l’IFI disposent, eux aussi, de vraies marges de manœuvre. La transmission anticipée reste la voie royale : céder des parts de société civile immobilière (SCI) à ses enfants permet de limiter l’IFI aux seules parts détenues, tandis que le reste du patrimoine n’est plus décompté si les bénéficiaires restent en-dessous du plafonnement. Autre angle : investir dans des groupements fonciers, forestiers ou viticoles. Selon la formule choisie, de 50 à 75 % des sommes engagées sont exclues du calcul de l’IFI. Une manière efficace de diversifier tout en optimisant la fiscalité.
Donner à une entité reconnue d’utilité publique
Soutenir une institution reconnue pour son action solidaire conjugue utilité sociale et réduction fiscale. Recherche médicale, appui aux familles fragilisées, protection de l’enfance : il existe autant de causes que de façons de donner du sens à ses impôts. Pour chaque don versé à une fondation reconnue d’utilité publique, la réduction atteint jusqu’à 75 % dans la limite de 50 000 € chaque année. Un coup de pouce qui transforme la générosité en acte concret sur sa feuille d’imposition.
Au final, alléger sa charge fiscale en 2020 revient à composer sa propre partition parmi ces dispositifs. Chaque choix fiscal dessine une opportunité à saisir : pierre, épargne, projet solidaire ou transmission. Reste à arbitrer sans perdre de vue l’essentiel, faire de l’impôt un levier, plutôt qu’un poids subi. Et si, cette année, la décision vous appartenait enfin ?

