Quand un détective privé trahit son client

C’est une histoire assez rocambolesque et qui nous incite encore une fois à nous interroger encore plus sur le métier de détective privé. On le sait tous : un conjoint suspicieux qui a recours à un détective privé ne souhaite pas vraiment que l’autre conjoint soit au courant. Pourtant, c’est ce qui est vraiment arrivé dans cette ville du Québec. Paul Trudel, puisqu’il s’agit bien de lui, a violé le code d’éthique et s’est surtout rendu coupable de menaces, d’intimidations et de conflits d’intérêts.

Des répercussions désastreuses

Dès sa rencontre initiale avec le premier conjoint, en 2014, le détective Sanegon à Lille Trudel a indiqué connaitre son suspect. Il estimait aussi que le sieur n’aurait pas pu commettre un tel acte au vu du respect et de la confiance dont il lui témoignait. Cependant, il ne s’en est pas arrêté là, car il a appelé l’amant présumé afin de lui rapporter les soupçons de son client. Pour obtenir du client le paiement de ses honoraires, il aurait menacé de contacter sa conjointe afin de lui faire part de ses intentions d’enquête.

Ce qui est une pratique délictuelle au vu des règles d’éthiques. Le parquet a alors retenu plusieurs faits aggravants et a autorisé la suspension du permis de Mr Trudel. Celui-ci, en agissant de la sorte, ne pouvait pas ignorer les répercussions désastreuses que pouvait avoir la divulgation de telles informations pour son client. Il a tenu à contester la décision du tribunal devant la justice québécoise. Dans sa décision rendue au cours du printemps dernier, l’instance a pu réduire sa peine, le passant à 45 jours de suspension.

« Monsieur a décidé de me crucifier »

Pour se défendre le détective Sanegon à Lille avance l’argument selon lequel le sieur aurait décidé de le crucifier, car il l’aurait mis à la porte. Il a toutefois reconnu qu’il méritait une sanction de la part de la justice québécoise. Pour le BSP, il a refusé d’expliquer pourquoi il avait accepté de diviser par deux la sanction de 3 mois qui lui avait été infligée. En effet, après une audience où les différentes parties ont peu chacun présenter son argumentaire, il se trouve que la sanction imposée par le tribunal fut, finalement, jugée raisonnable. Selon le responsable de la communication du BSP, c’était sans doute la meilleure chose à faire.

Une histoire qui va sans doute faire réfléchir sur le rôle véritable des détectives privés.