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La technologie, une nouvelle arme anti-vérité ?

La technologie est un outil si pratique qu’elle s’est incrustée dans notre quotidien sans qu’on le remarque. Mais plus elle évolue, plus elle modifie notre rapport au monde et notamment notre rapport à la vérité. En effet, la technologie a permis une propagation tellement rapide de l’information qu’on n’a plus le temps de vérifier ce qui est vrai de ce qui ne l’est pas.

A chacun sa vérité

« Je ne crois que ce que je vois » cette expression de Saint Thomas est aujourd’hui, ce qui caractérise le plus notre rapport à la vérité. Comme la vérité est ce que chacun voit et que tout le monde ne voient pas toujours les mêmes choses, chacun possède sa propre vérité. Ce phénomène connu sous le nom de subjectivisme, est décuplé avec l’avènement des nouvelles technologies de l’information.

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Aujourd’hui, quelques minutes suffisent pour qu’une information fasse le tour du monde et provoquer des réactions. La rapidité de la propagation de l’information ne nous permet plus de faire des vérifications, du genre décryptage ou recoupement des sources, que certaines personnes mal attentionnées en font un instrument de manipulation.

Plus c’est partager, plus c’est vrai

Lorsqu’une information a été mise en circulation, sa force de vérité va dépendre du nombre de personnes qui va la partager. Avec le temps, plus l’information n’est partagée, on risque de ne plus être en mesure de remonter à la source. Cette incapacité à vérifier les sources finit par nous faire accepter comme vrai tout information qui nous passe sous le nez.

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Par exemple, la rumeur concernant la mort de Nicolas Cage, le 20 juillet 2016, qui s’est retrouvé sur toutes les chaines de radio et de télé sans parler des réseaux sociaux. C’est la preuve que ce n’est plus la crédibilité de la source qui garantit la véracité d’un fait, mais la masse de personne qui partage le même point de vue. Avec les nouvelles technologies, il n’a jamais été aussi facile de publier des informations mensongères qui, très vite, acquièrent un statut de vérité.

Du buzz à tout prix

L’avancée de la technologie a détourné les médias de sa fonction primaire qui est de découvrir les choses et d’informer les lecteurs de la vérité. La course au clic et la recherche du buzz ont permis aux informations jetables de prendre le pas sur les informations vraies (basée sur des faits vérifiables), dans le but d’attirer un public plus large. Les nouveaux médias ont également favorisé les réponses émotionnelles au détriment de la compréhension. C’est qui explique que les informations choquantes, provoquant une forte émotion, sont parfois les plus virales.

La technologie, plus d’avantages que d’inconvénients

Malgré les impacts négatifs de la technologie sur notre rapport avec la vérité, il ne faudrait pas la condamner hâtivement. En effet, les NTIC restent un outil formidable. A titre d’illustration, en matière de communication, elles sont simples, pratiques et peu onéreuses. Elles permettent également la formalisation, l’acquisition et la transmission du savoir par le biais des plateformes participatives comme Wikipédia ou les blogs. Il faut juste prendre quelques précautions, notamment à l’égard des informations qui proviennent de sources non officielles.

La technologie : un outil de propagande ?

Il ne faut pas se voiler la face : la technologie peut être utilisée à des fins de propagande. Effectivement, les réseaux sociaux sont devenus un vecteur important pour diffuser des messages trompeurs ou biaisés. Certain(e)s internautes malintentionné(e)s peuvent utiliser ces plateformes pour manipuler l’opinion publique en relayant des fake news et en créant de fausses identités pour créer du buzz autour d’une personne ou d’un sujet.

Certains gouvernements n’hésitent pas non plus à utiliser la technologie pour propager leur propre discours politique et ainsi influencer les opinions publiques étrangères. C’est le cas notamment avec l’utilisation massive des bots sur Twitter lors d’élections présidentielles aux États-Unis et ailleurs dans le monde.

Face à cette menace grandissante, plusieurs solutions ont été proposées par les autorités compétentes. Les géants du web tels que Facebook, Google ou encore Twitter ont mis en place depuis quelques années maintenant des politiques internes strictes qui visent à supprimer rapidement tous contenus jugés inappropriés sur leurs plateformes pour éviter qu’ils puissent se diffuser massivement.

Parallèlement à cela, certains journalistes s’efforcent aussi de développer une culture numérique auprès du grand public afin d’aider ce dernier à mieux s’informer et détecter facilement toutes formes de désinformation. Voilà pourquoi il faut penser à bien discerner les informations présentées sur internet et approfondir sa recherche avant toute diffusion. La vérité reste une denrée fragile qu’il faut protéger !

Comment reconnaître les fausses informations sur internet ?

Dans un monde où vous devez avoir en tête que la plupart des fausses informations sont créées dans le but de faire passer un message ou une idéologie particulière, vous devez vérifier leurs sources. En effet, si vous trouvez une information sur internet, assurez-vous toujours qu’elle provient d’un site fiable et reconnu. L’utilisation systématique des moteurs de recherche peut aussi aider à trier rapidement les résultats selon leur pertinence.

Vous devez prendre en compte l’auteur(e) ainsi que la date à laquelle l’article a été publié. Si l’auteur(e) n’est pas identifié(e), cela peut signifier qu’il s’agit potentiellement d’une source peu fiable ou anonyme. De même, si l’article a été publié il y a plusieurs années et republié depuis sans mises à jour pertinentes, cela peut indiquer son obsolescence.

Prenez aussi soin de vérifier les images et vidéos véhiculant ces messages tronqués et assemblages mensongers (Deep Fake) ; ils constituent aujourd’hui un vecteur important pour véhiculer des messages trompeurs ou biaisés.

La lutte contre les fausses informations doit être menée par tous. Les journalistes, les gouvernements et surtout le grand public doivent s’efforcer de faire preuve d’un esprit critique pour ne pas tomber dans le piège des fake news sur internet.