« Twitter » utilisé pour analyser l’épidémie du Chikungunya en Martinique

Il y a quelques années, la Martinique avait été violemment frappée par une épidémie de virus Chikungunya. Aujourd’hui, des données récoltées sur Twitter ont permis au CNRS (Centre National de la Recherche Scientifique) d’analyser le comportement de la population durant cette période. Les résultats obtenus sont très indicatifs et viennent d’être publiés. C’est sans doute la première fois que des résultats de ce genre ont été obtenus par un simple réseau social.

Les messages de Twitter sont analysés

Pour parvenir à ces résultats, les messages sur Twitter qui contenaient les mots « Chikungunya » ou « Moustiques » ont été analysés afin d’estimer les sentiments qui ont été éprouvés (calme, peur, interrogations, etc.). Au total, nous avons près de 2000 messages qui ont été analysés et intégrés dans des modèles mathématiques. Grâce à des courbes, on a pu déterminer avec exactitude la courbe de progression de l’épidémie. L’analyse des tweets émis à cette époque permet surtout de quantifier l’impact du comportement humain dans les étapes initiales de l’épidémie.

Éviter les déplacements

Le Chikungunya est un virus dont le mode de transmission est bien connus au niveau des autorités sanitaires. Il est transmis par la piqure Aedes aegypti, le moustique le plus répandu en Martinique. Entre 2013 et 2015, environ 72.000 cas d’infection ont été recensés, dont plus de 51 décès sur une population totale de 400.000 habitants. Pour les communes les plus touchées, nous avons le Nord Caraïbe, Saint Pierre, Le Calbet et le Prêcheur. Le développement de la maladie s’est fait depuis Fort-de-France en suivant les axes de communications routières et ferroviaires. Cela laisse entendre que ce sont les personnes qui ont emprunté les routes qui ont été les principaux vecteurs de la maladie. Selon les chercheurs de Biolab Martinique, les épidémies locales ont été rapidement créées à travers ce mode de contagion.

La globalisation des données

 

Pendant l’épidémie de 2014, il a été demandé à la population d’adopter des comportements spécifiques dans le but de lutter contre la propagation des moustiques. Parmi ceux-ci, nous avions le fait de vider les poubelles, les bacs d’eau stagnante, l’utilisation de produits répulsifs, etc. Avec les données recueillies sur Twitter, on a pu comprendre que le comportement des Martiniquais a eu une incidence sur la propagation de la maladie. Celle-ci a d’ailleurs été rapidement maîtrisée. Cependant, le territoire a dû faire face à une autre épidémie : le zika.