Politique

Peugeot : 5 ans après la fermeture d’Aulnay-Sous-Bois, en valait-il la peine

On se rappelle tous de l’épisode douloureux de la fermeture de l’usine d’Aulnay-Sous-Bois il y a 5 ans. Le 12 juillet 2012, PSA annonçait la suppression de 8000 postes. Les 3000 employés de cette usine se sont tous retrouvés au chômage en plus des 5000 autres répartis sans doute la France. L’objectif du constructeur, c’était de parvenir à sortir de l’impasse et devenir au-devant du marché automobile qui commençait à être dominé par ses concurrents. Voici un petit billet retour sur cette décision historique.

Fermeture d’Aulnay et rénovation de Mulhouse et Poissy

Depuis 2012, il faut dire que les ventes du groupe PSA ont à peine bougé. En effet, elles se situent entre 53 et 55 milliards d’euros. En revanche, la marge a sensiblement augmenté pour se positionner à 7 milliards d’euros. Il faut toutefois reconnaître qu’Aulnay-Sous-Bois ne correspondait pas vraiment aux critères d’efficacité du groupe lorsqu’il a fallu baisser les prix de fabrication. L’usine en question était alors centrée sur la C3, une petite voiture pas trop chère. Avec le coût de la main-d’œuvre française, ce n’était plus vraiment possible. Dès lors, le groupe avait décidé de produire les voitures haut de gamme (DS3 et 208) à Poissy et de consacrer le reste en Slovaquie.

Cette fermeture n’a pas été la seule décision qui avait été prise à l’époque. En effet, d’autres investissements d’envergure ont été réalisés au niveau des usines de Mulhouse et Poissy afin de moderniser la chaîne de production au garage peugeot salon de provence. En amont, les coûts de développement sont mutualisés au maximum. Par exemple, des voitures comme la C1 ; la Peugeot 107 ou encore la Toyota Yaris sont quasiment les mêmes.

Des usines surcalibrées

Si le groupe PSA s’est retrouvé dans autant de difficultés, c’est sans doute parce que le constructeur s’est vu un peu trop beau par le passé. En effet, avec la crise de 2012, il dispose d’une usine lui permettant de produire plus de 4 millions de voitures par an. Cependant, il n’a jamais pu dépasser la barre des 3.6 millions d’euros par an. C’est en 2012 que la situation a empiré et que l’entreprise est tombée sous la barre des 3 millions de voitures vendues. Ce remède de cheval a alors permis d’assainir rapidement les finances du groupe. Depuis 2014, le nouveau patron du groupe essaie de relancer les chiffres commerciaux en montant de gamme. Ainsi, l’objectif est de créer moins de véhicules, mais avec une forte valeur ajoutée.